30 janvier 2005
Pose une rose...
Pose une rose sur moi, une rose de peu, qu'importe…
Mais rose avec ses épines …
Rose morsure, rose parure…Une fleur des bois d'Outre-là… Une fleur qui ne soit qu'à moi.
Que cet aspic soit ton désir, que son venin soit mon plaisir. Je chanterai de la douleur tant que j'aurai un fil de voix, je reparlerai du bonheur à tous ceux-là qui n'y croient pas…
Je me perdrais dans Brocéliande si je pouvais croire en Merlin et ce serait pour boire un filtre qui ne me ferait pas changer, jamais changer dans tes pupilles, même avec le fil des années…

23 janvier 2005
Le Maître et l'esclave (Fable).
Un jour, l'esclave dit au Maître :
« Où dois-je aller ?
Je ne suis que ta marionnette
Et ces fils sont ta volonté. »
Le Maître alors dit à l'esclave
« Va où tu dois, va où tu veux,
Rien qui vient de moi ne t'entrave,
Je ne te veux que bien et mieux.
Mes fils jamais ne te retiennent
D'exercer ta, tes libertés.
Tout au plus t'aident-ils, sans chaîne,
A te trouver. »

PHOTO SACHA DEAN BIYAN
22 janvier 2005
Bondage in blue.
Il me fallait pourtant bien parler de ces cordes
Qui me donnent mon nom.
Qu'on les dise bondage shibari ou bien liens,
Elles sont la contrainte, l'absolu mais la porte
Vers le plaisir du don
Que je fais d'être tienne dans ce qui me maintient.
Il faut savoir y voir dans ces étranges signes
Qui paraissent ici faire une prisonnière,
Il faut un peu oser et lire entre ces lignes
Que l'épreuve est parfois l'acte vrai qui libère.

PHOTO THA HOODED CLAW
21 janvier 2005
La prisonnière.
Mes yeux sont fermés sur l'intense :
Je t'appartiens.
Mon corps est voué au silence :
Je t'appartiens.
Mais l'acier qui brille à mon cou
Vaut plus que l'or
Et celui-là qui mes mains noue
Est un trésor.
Je suis la prisonnière
D'un érotisme volontaire,
D'un désir renouvelé,
D'un plaisir partagé,
Heureux,
A deux.
Qu'on ne s'y trompe pourtant pas :
Derrière tout ce qui se voit,
Derrière tout ce que l'on croit,
Il n'est pas plus libre que moi.

15 janvier 2005
Une évanescence...
Un mélange d'innocence
Et de self-défense :
Une évanescence…
Ce soir le blues emporte tout
Sur son passage
Ce soir mon cœur
Comme un chien fou
Est à l'orage.
Et je voudrais pleurer,
Masque de No gâché,
Larmes qui dévastent tout
Comme un torrent
Sur mes joues.
Bleue et noire
Avec juste un peu de blanc.
Pour qui sait quand ?

Photo Jeremy Saffer
14 janvier 2005
Le blog que personne ne lit !
Le 1er janvier, je décide de « m'offrir » un blog ici, portée par la vague qui fait que l'on dit le phénomène extraordinairement actif…
Est-ce le thème d'expression à caractère transgressif que j'ai choisi qui effraie ? Est-ce mon habillage bleu qui crève les yeux ?
Le fait est que j'ai réussi un exploit.
Je dois être la seule à posséder un blog que personne ne lit !
13 janvier 2005
Geisha rien que pour toi...
Japon bleu, Japon blanc
Blues du pays du soleil levant,
Geisha maquillée,
Geisha habillée,
Rien que pour toi…
Tu es mon goût du saké,
Tu es ma tasse de thé,
L'air que je veux respirer,
Mon tsuzumi éloigné
Et je chante pour toi…
Mon origami plié,
Mon ikebana sacré.
Et qu'enfin ici ces mots
Soient mon tensho :
Geisha rien que pour toi…

Photo Danielle Danford
Masque BDSM.
Masque, bandeau…
L'accessoire est important en BDSM .
Celui-ci plus que les autres peut-être pour qui débute.
Qui dirige le jeu ne s'y trompe pas lorsqu'il l'impose ( ou plutôt lorsqu'il convainc de son utilité ).
Le bandeau, le masque permettent de s'échapper de soi, d'entrer dans une dimension diverse d'un érotisme particulier, d'être ce que l'on est vraiment en-dedans, sans éprouver de doute, de culpabilité qui viendraient tout parasiter.
C'est aussi, lorsque le masque ou le bandeau sont opaques, d'une seule pièce, une manière de se lancer un défi, d'accepter de jouer avec son angoisse, sa peur, ses craintes.
Pour que ce jeu soit possible, encore une fois, seule est nécessaire une absolue et totale confiance dans l'autre.
A ne pas donner, bien sûr, sans certitudes nettement acquises qu'elle soit méritée.

Photo : rust2d
11 janvier 2005
Une petite fessée?
Partons du principe qu'une petite fessée est le premier geste.
Il faut en mesurer toute la portée érotique : c'est un contact de peau à peau. Nous n'en sommes pas encore aux instruments qui lui serviront plus tard de succédanés.
La paume d'une main sur la peau d'un fessier qui va s'échauffer, s'empourprer, rougir, vibrer…
La main qui fesse la peau fessée en sera elle-même chaleureusement émoustillée.
Parce qu'en plus, c'est tendre, une petite fessée. Imaginez bien qu'entre adultes, cela ne peut être qu'un jeu.
Un de ces jeux d'amour border-line où l'on commence à entrer dans un autre jeu, celui des rôles.
Mais pour l'heure, ce n'est pas de cela dont il est question.
Laissons encore un peu à la petite fessée, aux jolies rondeurs qui rosissent leur simple aspect jubilatoire.
Ludique, festif, joyeux…
Amoureux...

Dessin Paula Meadows
07 janvier 2005
BDSM : soumise et Maître.
S'il y a soumise, il y a Maître…
C'est vrai. Il y a même souvent, lorsqu'on n'ose pas se reconnaître comme telle, Maître rêvé, Maître fantasmé.
Et puis parfois, il y a un vrai Maître enfin trouvé.
Mais si l'on renverse la formule, s'il y a Maître, c'est qu'il y a soumise.
Ceux qui, étrangers à ces choses, se diraient « Ils ont de la chance, ces types-là, ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent et comme ils veulent à ces nanas-là, qui ne demandent que ça » auraient tout faux.
C'est la soumise qui élit son Maître et elle ne le fait pas n'importe comment.
Elle le fait, puisqu'il s'agit d'un don total, d'un abandon de soi, d'un échange de pouvoir, dans la plus parfaite des confiances.
C'est qu'elle a longtemps cherché …
Et la confiance, il ne suffit pas de s'en montrer digne une fois au début.
Il faut la garder ensuite tout au long du parcours.
Car c'est bien de parcours qu'il s'agit là.
Le BDSM est un long chemin à deux qui fonctionne par étapes.
Et à chaque étape, c'est la confiance de sa soumise que le Maître devra mériter…

Image: Chris Achilleos